L'UNIFORME DES ZOUAVES

 

Le "costume" des Zouaves semble inspiré des tenues portées par la tribu des Zouaoua, habitants des montagnes à l'Est d'Alger et qui fournirent les premiers soldats du premier régiment de Zouaves en 1830.

Ces hommes furent rapidement réputés pour leur courage et leur impétuosité. Très vite le récit de leurs exploits fut le principal sujet de conversation des armées.

Une légende était née!

Les français furent alors recrutés et rapidement, on vit la formation de nouveaux bataillons : le 2° en 1835 et un 3° en 1837.

A l'époque, afin de différencier ces différents régiments, les hommes portaient le turban : rouge pour le 1° bataillon et vert pour le second.

En Octobre 1843, une ordonnance royale consacrait le titre de "1° Régiment de Zouaves".

En 1852, Louis-Napoléon signa un décret portant à trois le nombre des régiments de Zouaves.

On pouvait les distinguer aisément par la couleur du tombeau de la veste :

- le 1° cantonné à Blidah, tombeau garance.

-le 2° cantonné à Oran, tombeau blanc.

-le 3° cantonné à Philippeville, tombeau jonquille.

Les "Trois Vieux" étaient constitués.

Le pantalon

Le pantalon d'ordonnance ou saroual est de forme arabe et de couleur garance.

Le bas du pantalon comporte à l'entre-jambes un trou appelé "trou de La Moricière",

du nom du général La Moricière qui en fût l'instigateur.

Ce trou permettait l'évacuation de l'eau lors du franchissement à gué des cours d'eau.

En dehors de ce pantalon de sortie, le zouave avait un pantalon en toile écrue que l'on

pourrait appeler "pantalon de service".

Il est confectionné comme le pantalon d'ordonnance mais n'a pas de tresse sur les côtés.

La veste

Elle sera très vite appelée "boléro".

"De forme arabe, elle ne comprend ni boutons, ni poche extérieure. Elle ne propose pas de col car son encolure s'appuie sur la base du cou. Cette veste ne se ferme pas et, ainsi portée, les deux bords verticaux restent distants l'un de l'autre dans toute leur longueur. Entièrement bordée d'une ganse carrée, elle descend jusqu'au bas des reins."

(La légende des Zouaves, B.Carpentier, Ed. SOPAIC)

(Reproduit avec l'autorisation de l'auteur)

La Chéchia

C'est un bonnet en laine feutrée de couleur cramoisi.

Le gland et sa tresse en soie sont de couleur bleu foncé.

Les guêtres-jambières

Si les guêtres blanches sont du type général des troupes à pied, les jambières demeurent longtemps un effet spécifique des zouaves, avant qu'une certaine mode des troupes légères ne conduise à les donner à toute l'infanterie en 1860. Le port des jambières, pouvant fatiguer le mollet, exige cependant de l'habitude et cet accessoire finira par tomber en déssuétude, même auprès des zouaves.

Le texte de 1853, qui fixe l'uniforme des zouaves jusqu'en 1914, se contente de préciser qu'elles sont en peau de mouton fauve (naturel) et qu'elles descendent un peu en dessous de la cheville. On ignore à quelle date les zouaves feront usage de jambières à "laçure en portemanteau".

Au cours des années 1860, en campagne, les zouaves utiliseront plus fréquemment des hautes guêtres confectionnées de drap ou en toile, renforcées de cuir.

La ceinture de laine

La ceinture est en laine bleue.

Elle mesure 4,20m. de long pour une largeur de 40 cm.

 

Le gilet dit sédria

De forme arabe, en drap bleu avec "galon garance autour du col et sur le milieu de la poitrine". Il se ferme sur l'épaule et sur le côté gauche à l'aide de cinq pattes de drap et de cinq boutons d'os. Le dos et la doublure sont en toile de coton. Nulle mention n'est faite des deux petites poches goussets, pourtant présentes, sur les exemplaires contemporains.

Le caban à capuchon

"En drap gris de fer doublé de toile de lin. Il se ferme sur le devant à l'aide de quatre doubles pattes en drap du fond passepoilées en drap garance et de quatre boutons d'os". Ce caban dénommé collet àprès 1870 comporte une rotonde d'environ 750 mm de longueur apparente. Les passepoils en drap garance des pattes seront remplacés par des passepoils en drap de fond en 1894.

Le ceinturon

De cuir noir, dérivé d'une simple courroie de havresac utilisée comme courroie de ceinture.D'une largeur de 60 mm, il se ferme au moyen d'une boucle en laiton à rouleau munie de deux ardillons.